Introduction

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Depuis notre rencontre en 1982 sur l’antenne de Radio Nova pour une émission autour de la musique cubaine,
Alain Ménil est devenu un ami jusqu’au jour de sa disparition en 2012.

Pendant son enfance en Martinique, ses parents, Mano et Geneviève,
tous deux militants de gauche engagés dans la cause anticoloniale aux Antilles et dans une créolité revendiquée,
ont pour habitude de recevoir les artistes et intellectuels cubains qui visitent la Martinique,
et se réjouissent de danser (merveilleusement bien) aux sons de la sérieuse collection de disques qu’ils constituent.
Alain partage donc avec ses parents leur goût pour les musiques et les danses de la Caraïbe:
guaracha, guajira, boléro, mambo, son, rumba, pachanga, merengué, cha-cha-cha, cadence haïtienne …
entre autres.

”…Combien de guarachas qui commencent par une confession mélodramatique,
et pour lesquelles le grand air tragique est presque requis? …” - A.M.


Ce blog lui est dédié, ainsi qu’à son compagnon le danseur et chorégraphe Alain Buffard,
avec qui, aussi, nous partagions amitié et dilettantisme*,
sans jamais oublier, après les dîners, de ”guaracher” sur les rythmes sensuels et endiablés des îles.

”…la frénésie ou la jubilation qu'elle célèbre, par des airs endiablés qui appellent irrésistiblement
à une danse sans fin, effrénée et communicative…” - A.M.


Il y sera question de La Caraïbe et de ses musiques,
de blues, de jazz, d'opéra, de musiques baroques et d’envolées mandingues…
de littérature, de cinéma,
peut-être.

Ce site s’est ouvert avec ”Retour au Latino Bar", texte qu’Alain Ménil a publié en décembre 1993 dans la revue "Tyanaba".

”… el son es lo mas sublime para el alma divertir.” - Ignacio Pineiro

* dilettantisme : goût très prononcé pour les arts en général, ou pour un art, et spécialement pour la musique (CNRTL)


01/09/2023

Générique




Lino Friars (piano) with Sonora Matancera (extrait)

L'intégralité du texte "Retour au Latino Bar", ainsi que les musiques qui y sont associées, sont accessibles à l'adresse suivante: RETOUR AU LATINO BAR


Alain Ménil vu par Pierre Lauret (extrait)

"… Pendant assez longtemps, parce que, comme il l’écrit dans son livre, il ne ressemblait pas à "l’image très superficielle que l’on se fait en France d’un métis des îles", ce qui le laissait maître de dévoiler ou non son origine, peu de gens ont su qu’Alain Ménil était en effet un métis, octavon né à Fort-de-France en 1958. De temps à autre, un article signalait ou rappelait cette identité et cette provenance, tel le magnifique et méconnu "Retour au Latino bar" (publié par la Revue de la Société d’Anthropologie "Tanyaba" coordonnée par Alain Anselin - N°3 décembre 1993).

Le titre de l'essai "Retour au Latino Bar" est un hommage au film "Latino Bar" réalisé par le cinéaste mexicain Paul Leduc en 1991, le texte une méditation esthétique et mélancolique sur le déracinement (notion à laquelle le livre sur Edouard Glissant* substituera celle de "désenracinement") et l’appartenance, saisis à travers une analyse du "blues tropical"..."
* "Les voies de la créolisation" essai sur Édouard Glissant, par Alain Ménil
de l'Incidence éditeur - 2012



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Un autre chapitre de ce blog concerne Ray Nance, fidèle musicien de Duke Ellington pendant près d'un quart de siècle, formidable joueur de trompette, de cornet, et aussi le talentueux violoniste de l'orchestre.

Les pages le concernant, ainsi que les musiques qui lui sont associées, 
sont accessibles à l'adresse suivante: RAY NANCE

http://latinobar93.blogspot.fr/2017_01_01_archive.html

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Et autour de la chanson "Bésame Mucho", ces archives radiophoniques de 1989 et les nombreuses versions de cette célèbre chanson. Article initialement publié sur "Beyond the coda".


 

 

 

 

 

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Argot du sonore

 

Un glossaire de mots et expressions d’argot ancien (en provenance de plusieurs dictionnaires rédigés entre 1808 et 1907) qui se rapportent au domaine du sonore, du musical et du domaine du ”parlé”, du ”dit”, de ce qu’on entendait au 19éme siècle.

sur le blog "Beyond the coda" 


À noter aussi un lexique de mots rares, anciens, parfois inusités ou méconnus, tous relatifs au monde du sonore et du musical : ICI

°V___¨^

10/03/2023

y... tenemos sabor

 

"y... tenemos sabor" est un documentaire de 1967 réalisé par Sara Gomez (1942-1974). Présenté par le musicien et chanteur de Rumba Alberto Zayas Govín (1908-1983), ce film décrit la musique populaire cubaine à travers les différents instruments traditionnels, qui ajoutés les uns aux autres, vont finir par constituer l'instrumentarium basique d'un orchestre dans la grande tradition.

"Alberto Zayas nous fait remarquer que tous les instruments originels de la musique populaire cubaine allaient par deux : claves, maracas, campanas… et étaient d’origine africaine... La guitare est une importation  espagnole mais les bongos, eux, sont cubains et les meilleurs sont faits de bois de cèdre. Le güiro, 100% cubain, est de toute évidence issu du geste de râper le yuca et le maïs. Plus étrange et tombé en désuétude : la mâchoire de cheval, à la vibration caractéristique. Moins répandue :  la marimbula qui permet de jouer des mélodies succinctes. Cajon + sanza + migration subie = marimbula… et le voyage continue puisqu’on l’appelle rhumba box en Jamaïque !"    Céline Gruyer - Serendipia


Merci à l'intéressant blog Serendipia qui nous transmet de si nombreuses informations culturelles et pratiques sur l'île et la population de Cuba.

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03/03/2023

from Mambo to Hip-Hop

article publié sur "Beyond the Coda" le 02/03/2023


"Mambo to Hip Hop" is a 2006 Henry Chalfant 's documentary around the South Bronx area and its musical activity between the 40s and the 80s. It features well known figures in salsa — Ray Barretto, Willie Colon, Eddie Palmieri,  footage of Tito Puente and Machito, as well as key figures in hip hop including Afrika Bambaataa, Grandmaster Caz, and DJ Charlie Chase.  Yet this is not a film about the stars but about a neighborhood.

"Mambo to Hip Hop" est un documentaire de 2006 réalisé par Henry Chalfant autour du quartier South Bronx à New-York et de son activité musicale entre les années 40 et 80. Y figurent des personnalités et artistes bien connus de la salsa - Ray Barretto, Willie Colon, Eddie Palmieri, des images de Tito Puente et Machito, ainsi que des personnalités clés du hip hop, notamment Afrika Bambaataa, Grandmaster Caz et DJ Charlie Chase. Ce film est principalement l'histoire de ce quartier au travers de son activité musicale.

 

From the late 1940s through the 1960s the Melrose, Mott Haven, Longwood and Hunts Point areas of the South Bronx were “a hotbed of Latin music.” Hundreds of Latino musicians grew up in or moved to this area from East Harlem or directly from Puerto Rico and Cuba.  From the late 1950s to the early ‘70s, a deadly combination of factors – public and private disinvestment; official “urban renewal” and “planned shrinkage” policies; loss of small manufacturing to cheaper labor states; loss of live audiences to television; drugs and street gangs – had eroded the infrastructure and begun the decline of the South Bronx community.  Ultimately, the result was what came to be known as “the burning of the Bronx”.  But what stands out in this story is the resilience of this community and how music and dance , particuliary the Hip-Hop wave, supported that resilience and helped the community rebuild.

De la fin des années 1940 aux années 1960, les quartiers de Melrose, Mott Haven, Longwood et Hunts Point du South Bronx étaient un haut lieu de musique latine. Des centaines de musiciens latinos avaient grandi ou déménagé dans ces qaurtiers depuis East Harlem ou directement depuis Porto Rico et Cuba. De la fin des années 1950 au début des années 1970, différents facteurs nocifs - désinvestissement public et privé, politiques officielles de "renouvellement urbain", perte des petites activités industrielles au profit d'États où la main-d'œuvre était moins chère, perte d'audiences en direct à la télévision, drogue et gangs  - ont érodé l'infrastructure et commencé le déclin de la communauté du sud du Bronx. pour finir avec ce qu'on a appelé "l'incendie du Bronx". Mais ce qui ressort de cette histoire, c'est comment la musique et la danse, en particulier la vague Hip-Hop, ont soutenu la résilience de cette communauté en l'aidant à se reconstruire.

 


You can see this movie in a better quality on the Folkstreams website

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Henry Chalfant is also best known for his photography and film documentation of the urban youth culture. His photographs of New York’s subway paintings record hundreds of ephemeral artworks that have long since vanished.

Henry Chalfant est également très connu pour ses photographies et ses films documentaires sur la culture urbaine des jeunes. Ses remarquables photographies des graffitis et peintures du métro de New York recensent des centaines d'œuvres d'art éphémères qui ont disparues depuis longtemps.



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20/02/2022

Bésame Mucho


 Bésame Mucho
 une image sonore

C'était en 1989. Francis Falceto* et Jean-Jacques Palix ayant sorti leurs grandes oreilles, proposent à la radio suisse romande "Couleur 3" une thématique musicale mixée dédiée à la Saint Valentin. Pour traduire la dimension universelle du sentiment amoureux, ils choisissent un seul titre, "Bésame mucho", boléro composé en 1940 par la pianiste et compositrice mexicaine Consuelo Velásquez , mégatube aux reprises innombrables depuis bientôt un siècle.

In 1989, Francis Falceto and Jean-Jacques Palix, having shown their ”big ears”, offered a thematic musical program dedicated to Valentine's Day to the Swiss Radio ”Couleur 3". To translate the universal dimension of the feeling of love, they choose a single song, "Bésame mucho", a bolero composed in 1940 by the Mexican pianist and composer Consuelo Velásquez, a megahit with countless covers for almost a century. 

Fue en 1989. Francis Falceto* y Jean-Jacques Palix sacaron las orejas y propusieron a la emisora de radio franco-suiza "Couleur 3" un tema musical mixto dedicado al día de San Valentín. Para traducir la dimensión universal del sentimiento amoroso, eligieron un único título, "Bésame mucho", bolero escrito en 1940 por la pianista y compositora mexicana Consuelo Velásquez, un hit versionado innumerables veces a lo largo del último siglo.

Quelques années plus tôt, en 1984, une cassette du compositeur-saxophoniste japonais Yasuaki Shimizu intitulée ”Kwai Menh Thai”, révélait la version princeps dépoussiérée de "Bésame mucho"... Une collectionnite aigüe s'empare alors de nos grandes oreilles à l'affût des variations innombrables de ce cliché planétaire inégalé de la chanson d'amour moderne !... Le 14 février 89, deux heures d’un programme mixé concocté par leurs soins passent à l'antenne à midi, tandis qu’une série de modules courts sont diffusés toutes les heures, en ponctuation du flux des émissions du jour et de la nuit.

nouveau programme composé de versions inédites produites par Palix et de quelques splendides versions enregistrées depuis 1989.
 
 

 

 part 1
original mix part 1

 

C'est la grande époque de la cassette audio et du walkman. Les copies cassettes de ces deux heures offertes à quelques amis connaissent une circulation "virale" : on peut les entendre dans un grand nombre de restaurants latino, bars et boutiques à la mode ! Des copies de ce programme circulent encore et sont toujours réclamées trente ans plus tard... Collector !

 

L'art du mix consiste à créer un espace proprement inouï : ici le foisonnement des versions d'une même chanson, archétype de la variété sentimentale universelle, dans le goût latino en vogue à une époque qui avait révélé les divas Yma Sumac et Gloria Lasso... C'est aussi la richesse des inserts et des éléments d'habillage qui fracturent et pimentent l’écoute : les voix de Salvador Dali, Marcello Mastroianni, Fernandel, un poème de Benjamin Péret, de la poésie sonore expérimentale, micros-trottoirs, chutes de dialogues de films, réclames désuètes, ambiances bruitées...

Part 2 
original mix part 2

 
Mélodie bégayée, répétition hachée d'une poignée de notes et d'accords, ritournelle démodée,  fragment estampillé musiques d'ailleurs, florissantes en ces années radio-nomadiques**, image sonore déclinée comme un mantra en une diversité de langues, tempi, registres, intonations et textures. Collection de chineurs obsessionnels entre mélo kitch et exotica, cinéma pour l'oreille tout en styles, genres, couleurs vocales, arrangements, orchestrations, venus du music hall, du grand écran, opérette, romance, danses de salon...

Au-delà de l'audible, ces programmes bousculent l'équilibre des durées, ruptures de climats, de profondeur, d'espace, de densité bruitée, tout ce qui entre dans l'art sonore... Aucune norme préétablie, pas de maisons de disques pour forcer les choix du public ou soutenir le marché. Liberté totale d'expérimenter durées inédites et formats inorthodoxes... Ces programmes longue durée – comme les appelait Andrew Orr à l'aube de Radio Nova - donnent la mesure de l'étendue des libertés formelles et éditoriales conquises par les radios des années 80, françaises ou suisses, publiques ou libres (avant de devenir commerciales et privées...) 

Anaïs Prosaïc - Janvier 2022

* Francis Falceto, musicographe et producteur de la collection de musiques "Ethiopiques" chez Buda Musique

**  Nomadic, programme mixé de musiques d'ailleurs, une heure hebdomadaire produite par Francis Falceto et Anaïs Prosaïc pour la Radio Suisse Romande Couleur 3 et la Radio Suisse Italienne ReteTre, 1985-1988.

 

 
chronique du journal Libération du 14/02/89
 
 
 
 

Bésame, bésame mucho
como si fuera esta noche la última vez
Bésame, bésame mucho

que tengo miedo perderte, perderte después.

Quiero tenerte muy cerca
mirarme en tus ojos verte junto a mí
piensa que tal vez mañana yo estaré lejos,
muy lejos de aquí.

Bésame, bésame mucho
como si fuera esta noche la última vez
Bésame, bésame mucho
que tengo miedo perderte, perderte después.


track listing details:

part 1 with Lucio Gatica - Los Indios - Dalida - Spike Jones - Million dollars violons - Los Machucambos - The Bobby Havana Boys - Jet Harris - Mario Lanza - Freddy Carrara & Harry Hougassian - Joao Gilberto - Frankie Laine - unknown chinese version - Los Indios - Dick Kessner - Dizzie Gillespie - Barney Willen - Lecuona Cuban Boys - Xavier Cugat - Apollo 100 - Tino Rossi - Sarita Montiel - Spike Jones - Hugh Masekela - Herb Alpert - Jack Lantier - Trini Lopez - Brave Combo

 part 2 with The Beatles - Pascal Comelade - Barney Willen - Enoch Light - Enrico Musiani - Dean Martin - Ted Heath - Dick Kessner - Joséphine Baker - The Coasters - Pérez Prado - Los 3 Paraguayos - Michel Hermanos - Los Tenientes - Brave Combo - Luis Mariano - Dave Brubeck - Trini Lopez - Bobby Havana Boys - Frankie Laine - Placido Domingo - Yasuaki Shimizu

part 3 with Damita Jo Dublanc - Roudoudou - Vincent Segal - Moses Josiah - Marcin Wyrostek - RAEO - Mina - Cyril Lefebvre et Joseph Racaille - Palix - Garazi Philanthropike(e) Orkestra (Beñat Achiary, voc.) - Caetano Veloso & Joao Gilberto - Georgia Pacific  aka Fred T. - Sarah Jane Morris - Daniel Knox - Grant Green - David Coulter - Alfredo Triff - Lisa Ono - Freddy 

&  excerpts of the voices and the poetry of Marcello Mastroianni, Anouk Aimé, Carles Santos, Fernandel, Marguerite Duras, Benjamin Péret, Maupassant, Pierre Bellemare, Caroline Gautier, Olivier Foy & anonymous

 

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 thanks to Anaïs Prosaïc, Eve Couturier, Yasuaki Shimizu, Olivier Agid, Vincent Segal, David Coulter, Cyril Lefebvre, Joseph Racaille, Daniel Knox, Fred T., Roudoudou, Clara de Asis, Michel Kelemenis, and all contributors collecting and creating new versions.

 


all pics by Olivier Agid - 1989

 

cet article a été initialement publié sur "Beyond the coda" en février 2022

<<<O!O>>>

15/01/2022

Manuscrito antiguo ...

 

 

Etrangement, Leo Brouwer, compositeur Cubain du XXéme siècle, est bien connu pour avoir composé un grand nombre de pièces pour guitare, souvent solo, parfois concertantes avec des formations orchestrales de dimensions variées. La notoriété même de cet artiste majeur est en grande part liée à son travail autour de la guitare.


 
Mais son travail avant-gardiste est par contre plutôt méconnu, et particulièrement cette pièce ”Manuscrito antiguo encontrado en una bottela” composée en 1983, dont aucune biographie, ni liste de compositions, ne rend compte.


Seule figure une version enregistrée par le Trio José White pour le label AREITO-EGREM sur un disque intitulé ”Trio White vol. 2” publié en 1986. Nulle trace sur le web de cette composition, aucun signe de son existence ni aucun autre enregistrement que celui de ce disque, semble-t'il.

Strangely, Leo Brouwer, the main Cuban composer of the twentieth century, is well known for having composed a large number of pieces for guitar, often solo, sometimes concertante with orchestral groups of various sizes’ orchestras. His notoriety is largely indebted to his work around the guitar.
But his avant-garde work is, on the other hand, relatively unknown, and particularly this piece ”Manuscrito antiguo encontrado en una bottela” composed in 1983. A unique version recorded by the José White Trio for the AREITO-EGREM label appears on a LP entitled ”Trio White vol. 2 ” published in 1986. No trace on the web of this composition, no sign of its existence or any recording except this one.


here is the first part: "La palabre amor escrita mil veces", for trio violin, cello & piano 



on YouTube

more infos 

article publié sur "beyond the coda" le 23/11/2020 

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27/07/2017

Cuba si!



Cuba si!

La passionnante émission estivale ”Carrefour des Amériques”, série de 48 épisodes déjà diffusés, est à écouter ou podcaster sur France Musique.  
Produite par Marcel Quillévéré, les épisodes de "Carrefour des Amériques" évoquent les différents genres de musique pratiqués sur l'île de Cuba depuis le XVIIème siècle, tout comme le célèbre essai "La musique à Cuba" (1946) d'Alejo Carpentier qui reste l'ouvrage d'autorité sur ce sujet.

Du XVIIème siècle à notre époque contemporaine, on y croise des 
figures célèbres aussi différentes que Louis Moreau Gottschalk et Celia Cruz, Paul Morand, Robert Desnos, Rita Montaner, "Maria la O" et Ernesto Lecuona, Gershwin, Jack Kerouac, Kirsten Flagstad, Hemingway, la "Guajira Guantanamera", Charles Münch, Stravinsky, Los Compadres et de très nombreux autres encore.
 

A relire également, l'essai du philosophe Alain Menil intitulé "Retour au Latino Bar" autour de l'idée du "blues tropical" et les meilleurs moyens d'y remédier. A écouter, au long de cette étude, un formidable best-of des musiques cubaines du XXème siécle.
 
http://latinobar93.blogspot.fr


As an historical trip along Cuban music activity, the radio-show ”Carrefour des Amériques”, a serie of 48 episodes, is now downloadable as podcasts on the French radio France Musique.
Produced by Marcel Quillévéré, the different periods of ”Carrefour des Amériques” follows the famous essay ”La música en Cuba” (1946) by Alejo Carpentier.



Following the chronological musical activities in Cuba from the XVIIth century to our contemporary times, you will cross Louis Moreau Gottschalk and Celia Cruz, as well Paul Morand, Robert Desnos, Rita Montaner, Maria la O and Ernesto Lecuona, Gershwin, Jack Kerouac, Kirsten Flagstad, Hemingway, la "Guajira Guantanamera", Charles Münch, Stravinsky, Los Compadres and many many other famous figures.

The Alain Menil’s essay "Retour au Latino Bar" around the idea of the ”tropical blues” and the way to escape it: across a most amazing cuban hits’ florilége.

31/01/2017

Ray Nance (0) Paris Blues

 
Ray Nance - Duke Ellington Orchestra - Copenhagen - 1965 - pic Jan Persson

"Ray Nance n'a jamais joué une seule fausse note de sa vie, ce qui en fait un personnage unique parmi les artistes attachés à la liberté d'expression en musique. Chanteur, violoniste, trompettiste et danseur, il est excellent en tout! La qualité remarquable de ses solos ne lui a jamais fait prendre la grosse tête. Il jouait ses parties dans la section de trompettes avec un sens éprouvé du travail d'ensemble, et n'exigeait pas la moindre reconnaissance pour ses prestations exemplaires au sein de la formation. Plus d'une fois, il s'est lancé spontanément dans une improvisation pour remplacer un collègue défaillant. Il participait peu, me semble-t'il, aux activités et distractions nocturnes de la bande, mais quand il bossait, il se donnait à fond, au-delà même de ce qu'exigeait le sens du devoir. C'est un pur artiste, et aucun trompettiste n'improvise sur le "Take the "A" train" de Billy Strayhorn sans citer des passages de son solo dans le premier enregistrement de ce morceau.
Je connaissais très bien tous les membres de sa famille, si accueillante, qui vivait à Chicago où il est né et a grandit. Il a rejoint l'orchestre en 1940 et il est resté avec nous plus de trente ans. Que dire d'autre de cette homme de petite taille, mais qui dominait de dix coudées ses collègues et concurrents? Ray Nance est unique"
Duke Ellington in "Music is my mistress" - 1973



"Paris Blues" est un film américain de 1961 réalisé par Martin Ritt, dont la musique a été composée par Duke Ellington et Billy Strayhorn. Avec la présence de Louis Armstrong, Moustache, et Michel Portal, c'est une histoire de musiciens de Jazz dans les clubs parisiens de l'époque (Duke lui-même n'apparaît pas dans le film). Le film est inspiré du roman éponyme d'Harold Flender.


Il y est question d'une composition intitulée "Paris Blues" qu'un des musiciens a envoyé à un éditeur musical qui lui a signifié un refus.Mais en fait, Duke Ellington avait intitulé cette composition "Guitare Amour".  Il en a été enregistré plusieurs versions sous ce titre au fil de la carrière du Duke. Mais cette pièce restera nommée "Paris Blues" dans le seul disque "Duke Ellington in the Uncommon Market", produit par Norman Granz en 86 chez "Pablo records".
Sur une rythmique latin induite par la présence d'une "clave", Ray Nance au violon y est à son "must". Du pur bonheur.
Enjoy!


A suivre dans les articles suivants quelques repères et musiques concernant Ray Nance.

30/01/2017

Ray Nance (1)

Ray Nance - at Hurricane Ballroom - New York City - 1943





"Everybody loves my baby" 
Ray Nance playing violin & trumpet with Earl Hines - unknown date


 
Ray Nance - backstage of Duke Ellingtons' orchestra - Los Angeles - 1951

Ray Willis Nance naît le 10 décembre 1913 à Chicago.
Rapidement, sa mère entreprend de lui enseigner le piano, et dans un second temps, le violon avec Max Fischei.

”Au début, c’était seulement pour obéir à ma mère, mais au bout de quelques temps, j’y ai pris goût. J’ai étudié sous la direction de Fischei pendant sept ans, c’est à dire pendant la durée de mes études secondaires. A dix huit ans, je jouais dans l’orchestre de l’école et je songeais sérieusement à embrasser la carrière de musicien. Entre-temps, j’avais appris la trompette... J’avais envie de m’entendre jouer d’un instrument au son plus volumineux que le violon…”
Ray Nance in ”The work of Duke Ellington” a book by Stanley Dance  - 1970

Mais il déclare qu’il ne sent pas être le meilleur violoniste de l’Orchestre Symphonique de l’école: une fille l’était, à ses yeux, c’était Matilda Ritchie, et également celui qui allait devenir contrebassiste: Milt Hinton.
Malgré tout, il finit par monter son propre orchestre dans le quartier ”South Side” de Chicago.

” Nous nous sommes fait une réputation en travaillant au Dave’s Club qui se trouvait au coin de la 51eme rue et de Michigan Avenue. Nous y sommes restés deux ans et l’établissement faisait alors salle comble presque tous les soirs. On pouvait danser, il y avait un spectacle, et pour notre part, nous chantions également à quatre ou cinq voix. Cela se passait en 1932 et en 1933, et nous n’avons jamais fait d’enregistrements…
… à Buffalo, c’était la première fois que je voyais Stuff Smith en personne. Il avait, au cabaret Vendôme, un orchestre de 10 musiciens qui savaient swinguer. Nous avons remarqué que leur tempos étaient très différents de  ceux que nous avions joué dans l’Ouest. Les leurs étaient parfaitement balancés, et ils ne jouaient jamais plus vite que ça. (Il fait claquer ses doigts pour indiquer un tempo moyen). Ils jouaient comme ça toute la nuit…
… cela valait vraiment le coup d’entendre Stuff qui m’a fait grosse impression…
… Je m’étais essayé à la danse quand il y avait des concours de charleston à Chicago; je me mettais devant l’orchestre et je dansais un peu, en ce temps-là.”

Ray Nance in ”The work of Duke Ellington” a book by Stanley Dance  - 1970

Le voilà désormais solidement doté de nouvelles compétences au violon ainsi qu’à la danse, ce qui lui ouvrira de sérieux horizons de musicien professionnel.

1937 / 1939 : en tant que joueur de trompette, Ray entre dans l’orchestre de Earl ”Fatha” Hines qui joue régulièrement au ”Grand Terrace Ballroom”, le club du gangster Al Capone. Dans l’orchestre, Darnell Howard, violoniste:
”C’était un bon violoniste de jazz, et à sa façon de jouer, on se rendait compte qu’il avait beaucoup de pratique. Je ne me rappelle pas avoir jamais joué du violon dans cet orchestre, mais c’est avec lui que j’ai fait mon premier enregistrement vocal intitulé ”Jack climbed the beanstalk”…
C’était formidable de travailler avec Earl. Il est toujours un de mes pianistes préférés; j’aime la façon dont il joue. Pour moi, il est le Louis Armstrong du piano… il était très coté dans tout le centre du pays. Il faisait toujours salle comble”

Ray Nance in ”The work of Duke Ellington” a book by Stanley Dance  - 1970


Grand Terrace Ballroom - Chicago



Ray Nance was probably one of the trumpet player of the Orchestra of Earl Hines 
in this title ”Boogie Woogie On the St Louis Blues”, 
recorded on the 6th of 1939 october

1939 / 1940 : Ray travaille avec Horace Henderson, le jeune frère de Fletcher Henderson, qui dirigeait un orchestre au Swingland, toujours dans le South Side et plus tard au 5001 Club, et ce fut à cette époque-là qu’il grave son premier solo de violon, pour le label "Vocalion". Le thème avait pour titre ”Kitty on toast” et en deux chorus et trente-deux mesures, Nance démontrait son talent qu’Ellington devait employer avec tant de succès un peu plus tard.

”Kitty on toast” Ray Nance au violon avec l’orchestre d’Horace Henderson
1940 - CD classics records 648